04 octobre 2015

toute victoire est une défaite!!!



Il y a dans chaque tournoi de poker une sorte de mappemonde d'état de guerre où la stratégie, l'art de la guerre sont sertis avec les aléas des tranchées/flop

A Sun Tsu et Machiavel je préfère néanmoins le Mahabharata, Cette ancienne épopée indienne, le plus long poème jamais écrit (plus de quinze fois la bible ou l 'Illiade)  raconte principalement la guerre entre deux clans cousins: les Pandava et les kaurava...Un massacre orchestré par Khrisna parce qu'il faut qu'il y ait cette destruction pour pouvoir faire émerger le monde de l'homme .

La semaine dernière j'ai assisté avec délectation et émotion à une rencontre avec les monstres sacrés du théâtre contemporain que sont le metteur en scène Peter Brook et Jean-Claude Carrière.
ils ont voici plus de 20 ans mis en scène cette épopée au théâtre parisien les Bouffes du Nord, puis réalisé un film à ce sujet. Voici qu'avec les tragiques événements actuels, cette épopée prend tout son sens,  ils sont alors revenus pour composer "Battlefield" avec cette phrase a priori paradoxale "toute victoire est une défaite"


A priori, au poker même si nous recommençons de manière obsessionnelle un tournoi pourtant jamais le même, la victoire est ce qui compte.
Pourtant, le cerveau retenant et inscrivant comme événements les bad beat ou défaites, peut être que finalement la victoire toute intéressante soit-elle pécuniairement devient une défaite tant alors ne s'opère aucune remise en cause de notre jeu et de son harmonie

Prenons ces nombreux exemples de la journée où j'ai remporté des pots...voilà que cet après-midi un peu dépitée et lasse, je décide de continuer à jouer après le flop avec un tirage flush, Je n'ai pas de tirage quinte qui va avec , donc suis bien en dessous des 15 outs a priori nécessaire...mon adversaire enchérit et au lieu de folder je décide de continuer...idem au turn, j'engage quasiment tout mon tapis pensant faire mon barouf d'adieu de miss fishette quand surgit à la river la couleur providentielle...me voilà sauvée...pourtant cette victoire a le goût de la défaite car non seulement j'ai mal joué mais cela risque plus tard de m'inciter à reproduire cette mauvaise habitude et donc de perdre le chemin de mon dharma , ma loi intérieure, guidant mes pas dans ce jeu.

L'hindouisme est une religion polythéiste avec un panthéon de divinités immense, on le sait,  mais au sommet de ce panthéon se concentre une trinité que nous vivons systématiquement et inconsciemment en tant que joueur et maître de notre jeu, peut être parce que notre kama, désir profond nous y pousse...

Avec nos multiples mains (bras?) nous jouons et recréons le monde, même si contrairement à Brahma nous ne sommes pas forcément omniscient sauf avec les nuts pourtant en essayant de maîtriser le jeu, ce flux de vie, en connaissant les règles en tant que joueur nous tendons vers lui...alors nous jouons et essayons de rester dans ce jeu, d'équilibrer tel vishnou notre jeu et puis pour cela nous faisons la guerre à nos frères et cousins comme dans le Mahabharata,
Nous la faisons parce qu en détruisant le monde (nos concurrents, adversaires) tel Shiva nous cherchons à reconstruire la divine providence et ainsi nous menons et répétons sans cesse cette danse céleste, alternant massacre et reconstruction.

Toute victoire est une défaite ne signifie pas hélas que la défaite est une victoire
Pourtant comme un écho voici que résonne la célèbre citation de Beckett:"Déjà essayé. Déjà échoué. Peu importe. Essaie encore. Échoue encore. Échoue mieux"

Notre jeu comme la vie est cyclique, ce soir je suis lasse du massacre de la journée, de mon jeu et de mes victoires comme mes défaites mais demain je goûterai de nouveau l'aube...

En attendant, je vais écouter et réécouter Peter Brook parler de Battlefield, du monde et du Mahabharata sur cette émission de France Culture...30 mn de pure bonheur dont on ne ressort pas indemne!!!

Namaskar!!!



12 juillet 2015

Je(u) horripilant



Ma manière de jouer horripile !!!

Adolescente, j'adorais le tennis de table et n'étais sans pour autant être très bonne pas trop mauvaise au point de gagner un jour dans mon village la seule coupe de mon palmarès "sportif" mais... mais  je jouais de manière assez énervante, les coins systématiquement et rendais chèvre mes adversaires au point de les forcer à faire alors une erreur

Il en est de même pour les cartes, que se soit à la belote ou au poker.

Si le jeu est un reflet de notre personnalité il est sûrement temps que je réfléchisse à cette épineuse question et me remette en question et surtout me questionner sur  "dois-je continuer à jouer avec des amis ou connaissances."

Je me posais la question ce soir tant j'ai encore agacé deux joueurs lors des tournois du biathlon de la french no limit, l'association de poker à laquelle j'appartiens.

Il s'agit d'une association particulièrement conviviale avec des gens gentils que j'adore et pourtant ce soir deux des membres avec lesquels je jouais ont encore une fois dégoupillé du fait de ma manière de jouer.

L était furibond: ce joueur que je concevais à tort ou à raison comme très loose, ayant une tendance à raiser préflop systématiquement et à devenir tyran maugréa terriblement d'avoir  été sacoché sévèrement dans un all in préflop ...furieux, je lisais toute son amertume avec légèreté ne le croyant pas à ce point vexé...je découvrais avec gêne que si...après m'avoir rendu élégamment la pareille et volé ainsi trois fois mes blnds, je décidais d'attendre , évitant de trop lire le chat et ses reproches pour ne point tilter...un A8 suited providentiel me fit lui retourner le compliment  alors qu'il surenchérissait pour une fois de manière plus nuancé et m'amena a briser vilainement son jj
out du tournoi! aie!
Inutile de dire qu'il était furibard, les propos acerbes devenaient durs sur mon jeu et mon peu d'intelligence, de discernement...propos alors martelés à double voix puisque E , lui, toujours en piste commenta ironiquement, de concert avec L ma chatte, mon jeu , ma vie , mon oeuvre ou presque...

Ils y allaient de bon cœur et je devenais très peu à l'aise! Je me rapellais combien ce joueur mais était-ce vraiment lui? m'avait blessé dans un hu au omaha en abandonnant le hu encore une fois dégoûté par mon jeu et bien évidemment par ma chatte! non- oui-non, je ne me concentrais plus sur mon jeu.
Arf! je commençais à mon tour à tilter et lasse je déclarais que j'allais arrêter de jouer le biathlon à leur grande satisfaction.

Mon chantage affectif inconscient non seulement ne fonctionna pas mais E surenchérit expliquant que quelqu'un dont il tirait le nom voulait que je parte...Merdre! 3 personnes donc , cela devenait indigeste.

Avais-je seulement bien lu?!y avait-il dans cet assaut une petite brise d'humour pour apaiser un peu ces maux? Il faut bien avouer que déjà, la semaine dernière, j'étais bêtement partie en vrille prenant littéralement une réflexion, je devais me reprendre et ne pas laisser la paranoïa vaincre le plaisir de jouer.

Mon jeu horripile donc.

Je suis une joueuse récréative, grande gueule, agressive, n'ayant pas de scrupule à être un fish...je collectionne visiblement les petites horreurs...j'essaie pourtant dans ce cadre conviviale de les filtrer mais alors que je recherche leur bonhomie paradoxalement je provoque colère et dégoût.
Dois-je continuer mes petits meurtres pokériens entre amis ou utiliser le baume de l'anonymat filtrer ainsi de manière plus efficace ma culpabilité?

La victoire de ce soir a encore une fois un goût bien amer tandis que cette question risque de me hanter longtemps cette semaine encore.!

01 mai 2015

Le poker, une religion sacrificielle?


- Bénissez-moi mon Père car j'ai pêché! j'ai choisi un pseudo racoleur en hommage à la luxure et voilà que j'ai envié le bien d'autrui, j'en fus gourmande et parfois tellement en colère lorsque mise en tilt, je n'ai pas toujours compté mes outs ni ai-je pensé à mes cotes car vilainement atteinte d'acédie tout en conservant mon orgueil, j'étais ...je suis
-Les 7 péchés capitaux condensés en une seule personne? eh ben dites-moi, succube infernale, une joueuse de poker matinée d'un énorme fish ma fille, voilà ce que vous êtes!

Hé oui, le rapport entre le poker et la religion ne semble pas de prime abord évident malgré le sacerdoce qu'il impose souvent, ses rituels, ses saints (les joueurs pros) et ses démons (les fish et bien sur Blacky, notre Ange déchu de son blog) mais si nous sommes loin de tendre l'autre joue lorsque quelqu'un nous frappe, pourtant, c'est bien là, la déontologie du joueur lambda pour devenir la justice immanente de Yahvé...car avant  de clamer un revanchard "oeil pour oeil, dent pour dent" et plus si affinités, il nous faut attendre patiemment de piéger ce voleur de blind et ses camouflets pour enfin occire l'ingrat d'un courroux digne d'une furie (ou d'une Walkyrie).

Il faut guetter les signes, presque une cosmogonie animiste et puis penser à ces phrases sublimes de Djalâl ad-Dîn Rûmî, ce mystique persan du 13e s : "Tu vois l'écume et non la mer. Que c'est étrange ! Enfermé dans le bateau du corps, tu as vu l'eau. Contemple l'eau de l'eau ! L'eau a une Eau qui la pousse, l'esprit a un Esprit qui l'appelle."

D'ailleurs, je vais me gêner pour mieux entrer en transe, même si sans derviche tourneur, pour goûter sans me perdre en juif errant dans la bulle, j'écoute un petit air soufiste d'un de mes chanteurs préférés, le fascinant Nusrat Fateh Ali Khan



Telle alors une bonze , détachée, en éveil, les niveaux de jeux étant autant de soutras, mantras, chapelets que l'on égrène pour atteindre le Graal...dominer ses émotions, son état d'esprit le plier comme l'enseigne le Dalaï Lama puisque l la discipline intérieure est le seul moyen dont nous disposons pour apprendre à dompter l'Esprit. Sans elle, nos émotions nous débordent et nous créons des causes et des conditions défavorables dans nos existences présentes et à venir.

Mouais, j'ai beau méditer de temps en temps, je suis loin du zen oriental, peut être est ce pour cela que je suis de la caste des joueurs de peu, les joueurs récréatifs, les Shudras  petits serviteurs de micro limites et non des brahmanes même si j'ai essayé un temps d'apprendre leur langage sublime le sanskrit...mais c'est si compliqué, si complexe que je ne me souviens que de l'alphabet, parfois, arrivant à lire un mot d'hindi presque par hasard...une caste entre les joueurs pros, ces brahmanes consacrés au Sacré, finalement aidés et soutenus par les Kshatriya, la caste des guerriers qui dirige le jeu et protège les marchands, les Vaishyas, ces joueurs qui sans en avoir la splendeur dans leur acharnement continuent à accumuler petit à petit leurs gains



Bien sûr comme dans l’hindouisme parfois je suis chassée de ces castes en étant traitée d'intouchable, de fish, peut être aussi parce que comme une Vénus de Lespugue je me suis crue immortelle et ai alors cru au miracle!

05 avril 2015

Sur la route , tilt generation





Hier, tandis que je me régalais de faire le biathlon du samedi soir avec mes collègues de la FNL, je rêvassais joyeusement au lieu de compter mes outs et de mesurer mes relances.

 J'ose avouer que je regardais également The Voice, notamment le charmant Guilhem chantait "Avec le temps" dont j'aurais bien fait mon dimanche, même s' il n'était  pas  Léo ferré, mais bon, inutile de vous dire que ce n'est pas tout à fait cette virtuosité que je lui aurais demandé...




bref, tandis que j'errais dans divers plans oniriques, voici que je trébuchais dans mon jeu: je balançais pot sur le No Holdem, et envoyais une sacoche de tous les diables pour un brelan dans un enthousiasme certes habituel mais quelque peu déplacé dans le cas présent et qui me fis perdre la moitié de mon stack.

OOPS...

Je pensais alors combien le poker était  proche de la littérature, peut être déjà  parce que  comme disait Marguerite Yourcenar : "on ne lit jamais un livre, on se lit à travers le livre" et que le poker comme tous les jeux est un formidable révélateur de  personnalité mais  aussi à travers notre expérience de lecteur...là, perdue dans plusieurs sortes de jeux, je n'étais certes pas encore dans le monde hermétique de Finnegans Wake de James Joyce, écrit dans plusieurs langues et compressant le langage, quoique en jouant mon no holdem comme un pot limit j'étais vraiment au bord du chaosmos (euh, pour mon correcteur ou rectificateur pas forcément préféré, non ce n'est pas une faute mais un néologisme de Joyce mêlant chaos et cosmos)

Non, je me sentais en fait, un peu dans la même atmosphère que lorsque je lis les romans de l'énigmatique et génial Thomas Pynchon: perdue dans multiples récits à lutter dans la compréhension du jeu du récit,  chercher à se raccorder à une certaine logique avant que les ramures du récit se rejoignent vers un tronc commun où tout alors enfin s'éclaire!



Cela en devient kafkaïen, et qui n'a jamais ressenti en jouant, le sentiment d'absurdité et d'étouffement de k, avec parfois un procès de fish...combien de fois me suis-je faite insultée, peut être  de manière moins absurde que chez l'écrivain Tchèque mais avec toute l'écriture fleurie d'un Burgess ou d'un Selby. D'ailleurs, n'en déplaise à -Enorme-, concitoyen de la fnl, non, malgré mon pseudo racoleur qui semble à chaque fois t''interpeller, je ne suis pas la réincarnation de Tralala, la prostituée de Last exit to Brooklyn.

J'ai alors pensé également combien parfois l'analogie du poker se ressentait avec l'expérience endurée par la lecture de Kerouac notamment dans ces longs mais très longs tournois comme sur le king 5 où il faut tuer tant de joueurs.
. Il y a la même excitation du début du roman lorsqu'on prend la route vers frisco et  puis, le chemin est long et le talent de Kerouac est de nous faire ressentir dans la lecture, de manière profondément physique, cet ennui de la route et ainsi son immensité...cette ennui trompeur et dangereux, comme dans les longs tournois, où notre attention pourtant ne doit pas faiblir au risque d'un accident.
 Ô combien alors joue l'importance du copilote et pour moi celles de mon équipe qui chattait dans une joviale ambiance et assurément si on  ne fut pas  des Hells Angels à s'égosiller  en roulant "born to be wiiild", on s'est bien marrés avec mon équipe "les No -Vices FNL" dont je me devais de rendre hommage! Beat generation ou pas...

Ouaips, en tout cas pour moi hier ce fut les Chants de Maldoror, à travers les chants ou les niveaux du tournois, voici que de l'écriture poétique je visitais les cercles dantesques dans un boléro de plus en plus noir qui me fut fatal.

Fin du chapitre, de ce roman, plus qu'à ouvrir une autre page en frissonnant délicieusement du Livre à Venir et de ce presque rien blanchotien que je joue régulièrement, avec une telle volupté surtout quand la petite fin n'est pas trop précoce.

14 mars 2015

Un air de printemps à Ribeauville




Grand ménage de printemps oblige il était temps de faire respirer un peu ce blog qui s'effaçait dans la poussière des articles passé d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaîtreuh!

Grand soleil en ce jour, et si ce ne sont pas encore complétement les portes ouvertes c'est avec assurément une certaine excitation en lisant ce projet d'aller manger une petite choucroute à Ribeauville...

Ribeauville c'est ton nom, j'ai tout vu à Ribeauville, si j'y étais...enfin si je gagne parce qu'il faut savoir que le barrière poker tour organise un tournoi là bas.. Un package d'une valeur de 870 euros à gagner grâce à Ranking hero!!!

Alors? Let's go!!! l'Alsace au printemps cela doit être sympa! je n'y suis allée qu'une fois, en été, sous une chaleur torride, à Mulhouse voir un spectacle de la chorégraphe Pina Bausch dont j'étais fan et avais fait un petit crochet à Strasbourg ...je ne suis jamais revenue dans cette région, il est donc absolument temps de combler cette lacune et que rêver de mieux que ce casino aux premières lueurs du printemps (du 26 au 29 mars)



03 janvier 2015

Conte de Noel pokérien


Il faisait froid, cet hiver-là, dans cet appartement parisien et la grisaille était au rdv.
 2014 n'avait pas été une très bonne année et finissait pas  bien dans tous les domaines. la princesse aux 547 grains de beauté avait revêtu sa peau d'âne de fish pour se réchauffer et ruminer de ne pouvoir descendre dans la ville rose retrouver la chaude et confortable villa des membres de sa famille qui allaient eux fêter tous ensemble le réveillon.
Pas de noël, pas de cadeau, pas de santon ni de guirlande? et bien si! car la fée Mama avait illuminé le doux royaume de la FNL de plein d'illuminations et comme toujours avait eu la généreuse idée de composer un noël sur mesure, pour toutes les âmes du royaume. Idée lumineuse qui clignotait sur le forum où après un tirage au sort chacun devait envoyer un petit cadeau à son prochain, qu'il le connaisse ou non.
Alors, les derniers jours, la convivialité de cette guirlande humaine illustrait le forum et ô combien l'esprit de cette association. 
Mais voici que la princesse aux grains de beauté cette année-là n'avait pas été sage! et à force d'aimer qu'on fustige son auguste séant ,c'était le père fouettard qui s'était invité de manière inopinée dans son humble logis.
La princesse avait choppé les boules de son corsage et revêtu la toge de Caliméro: "c'est injuste, vraiment trop injuste" se dit-elle "je suis décidément bien poissarde dans ma vie"
Mais voilà qu'à force de complaisance et à regarder la grisaille du royaume parisien, elle n'avait pas compris que ce froid favorisait en fait un retour du Père Noël pour la damoiselle en détresse.
Tandis qu'elle ronchonnait (la princesse aux grains de beauté avait une légère tendance à être chochotte et se plaindre beaucoup), elle entendit soudain un écho familier: "tiens Raoul que fais-tu là? Fred te renvoie passer quelques jours chez moi?"
-"Non, ce gougnafier a pas assez fait de perf cette année au poker et du coup il m'a obligé à travailler quelques jours en intérim pour payer ses  débordements de fin d'année, je remplace les rennes du père noël"
Et c'est là, sans avoir pourtant pris d'herbes magiques de Zara que je l'ai vu!!! Dans toute sa gloire et majesté! son habit rouge n'est pas dû au soda  dont je suis addict, non! non! en vérité je vous le dit! le père Noël est rouge car il est russe! Da! Da! Il s'appelle Kalinka et vit dans le pays de notre démon nordique préféré!


Voici qu'exprès, le père noël était revenu vers la princesse aux grains de beauté pour mettre un présent surprise dans son petit soulier (ouais, petit soulier, erf, elle chausse du 41 fillette quand même)!
 Emu de la désertion et ulcéré par l'attitude cuistre du père fouettard, lors de son RTT , le père noël était revenu pour donner quelques poèmes (dans un magnifique recueil de Vignial) à notre malheureuse! En surprise, sans prévenir, une initiative personnelle folle et si élégante
Qui a dit que la magie de noël n'existait pas? C'est pas moi! En tout cas, encore une fois, dans le royaume de la FNL la convivialité et l'altruisme cet hiver ont fait loi !
Bonne Année à vous tous!





26 novembre 2014

Point final ou point de suspension?



Après presque 4 ans d'absurdité, d'exposition voire d'exhibition il est temps au moins un temps de tirer sa révérence.

J'aime le poker et je continuerai à jouer (notamment avec la fnl) et peut être après un bol d'air et de repos je reviendrai sur ce blog ou sur une variation mais là, malgré une lutte de chaque instant je crois que le marasme ambiant m'a contaminé.

4 ans de blagues, de rires, de rencontres, de jolies amitiés, de cris, de frustrations, de déceptions, de peines et même blessures...bref 4 ans qui m'ont rendu bien plus riche que ma bank roll , lol

Merci pour cela de m'avoir accompagné, de vos commentaires que j'attendais avec avidité, merci de m'être grâce à vous sentie moins seule et isolée...pour une fois, moi la grande paranoïaque, j'ai ressenti ce plaisir douillet d'être dans un groupe, une équipe malgré mes mouv à la légèreté teutonique et mon caractère...euh....mon caractère.

Bref, bisous et peut être à bientôt!!!

THAT'S ALL FOLKS!!!

23 novembre 2014

Pavlov et le Poker!!!





Suçotant un biscuit diététique insipide du fait de mon régime, voilà que cet après-midi en plein tournoi mon esprit s'égara vers la réminiscence de ma dernière religieuse au chocolat et dans un conditionnement tout pavlovien, je salivais joyeusement.

 En effet je me savais parfois, dans certaines circonstances, chienne, mais là cela me rappela immédiatement comment le savant Pavlov démontra en utilisant un chien que l'on pouvait involontairement grâce à un stimulus extérieur appris (non innée) avoir certains réflexes involontaires car devenus instinctifs suite à un conditionnement .

Parallèlement, je me remémorais cet EXCELLENT article (ben quoi? on est jamais mieux servi que par soi-même) expliquant que la mémoire traumatique,du fait des micros traumas qui lui sont liés, altère neurologiquement la mémoire, la stagnant à un moment donné à l’inverse d'une mémoire saine qui, elle, est évolutive.

Or, grâce aux travaux de scientifiques scandinaves, nous savons que les stimuli du cerveau réagissent plus violemment à ce qui nous choque, heurte que ce qui nous parait harmonieux... c'est pour cela que l'on relèvera nos bad beat bien plus que les cartes que nous avons pu faire passer malgré des statistiques en notre défaveur dans une table de poker...c'est aussi ce qui nous donne cette impression récurrente qu'il y a plus de métro en face de notre rame et que les caisses ou voies d'à côté avancent toujours plus vite que celles que nous avons choisies.

Paradoxalement, spontanément notre cerveau s'intéresse, lui ,bien plus à l'affirmation de nos croyances que ce qui pourrait l'infirmer, ainsi nous avons tendance à rechercher et accorder plus d'attentions aux informations qui nous confortent que celles remettant en question nos opinions et plus encore dans ce fameux réflexe quasi pavlovien, la zone de notre cerveau "récompense" est immédiatement stimulée lorsque quelqu'un abonde dans notre sens nous procurant un effet euphorisant...ou le même plaisir qu'une bonne religieuse en période de diète.

C'est peut être aussi pour cela qu'il est plus facile d'apprendre lorsque nous sommes jeunes et plus nous vieillissons plus nous avons tendance à vivre de nos acquis et être dévoré de certitudes...combien de personnes abandonnent leur curiosité au profit d'un délicieux apéritif bienveillant et complaisant dans un mojito d'idées rassurantes ... c'est à ce moment là que survient le conditionnement pavlovien du joueur pourtant si antagoniquement opposé au jeu lui même..."les aléas m'ont fait perdre cette partie que j'ai pourtant si bien joué"

Donc, en conclusion, je viens de découvrir que tout comme vous,  tel le chien le pavlov je salive dès l'arrivée préflop d'une grosse paire ,  oh oui! je bave allègrement, sans vergogne, car sans même en avoir conscience, lorsque ma grosse paire est confortée par un flop en ma faveur et que du coup je n'ai même pas cherché une stratégie subtile pour la rendre plus rentable, en bonne fish conditionnée que je suis, tandis qu' en revanche j'ai bien senti le micro trauma qui s'opérait lorsqu'une quinte de l'espace m'expédia dans un déhanché indigne hors de ma partie de poker cet après-midi! Quel gougnafier que mon adversaire! pourtant je l'avais - évidemment- excellemment joué!

Merci d'être d'accord avec moi afin que je puisse virtuellement dévorer cette délicieuse religieuse en titillant la zone récompense de mon cerveau! mmmh! exquise!



13 novembre 2014

Chemin initiatique


Non rassurez-vous, je n'ai pas pris de sucre et je ne me prends pas pour Pollux dans le  Manège enchanté . je ne suis pas non plus comme son créateur inspiré par un trip d'acide. Il ne s'agit d'ailleurs pas non plus d'un pamphlet sur les bienfaits chamaniques ou l'oeuvre de Castaneda... Certes il y a surement des Yaqui (mentors) dans le poker mais ma réflexion est bien plus existentielle que métaphysique...quoique...qui n'aime pas se perdre dans les méandres de son esprit afin de mieux se retrouver?

L'imagination, la partie dominante en l'homme mais pourtant s'érodant par manque d'ennui, de temps morts, par saturation des sens aux aguets, de cette image zappée des réseaux sociaux. Pascal en parlait comme la suprême ennemie de la raison,  se plaisant à la contrôler et à la dominer . C'est bien elle qui fait croire, douter, vaciller pour finir par nier la raison.

C'est elle la salope, qui alors que vous comptiez gentiment vos outs, regardiez la position, le profil des joueurs c'est elle qui alors commence à vous susurrer les choses les plus abominables, les "et si?" et le plaisir sensuel de la transgression, de la folie de mains aléatoires alors que vous meniez joyeusement et arriviez gentiment à la bulle...c'est elle le chant des sirènes, dont le soutra principal, principe même de la pensée magique réside dans le simple fait que soudain si vous jouez maintenant alors que tout est en votre défaveur vous allez l'emporter....certes! mais loin, loin dans un all in dont on ne revient pas! et inutile de dire que le bondage d'Ulysse pour résister dans une feinte inertie est peu propice à cette bataille de blind! un bluff souffreteux.

Finalement le poker est presque l'autre côté du miroir de votre gamme harmonique: vous prônez la bienveillance, le contrôle de vos émotions et la non violence? derrière votre vanité, vous voilà vêtue comme une walkyrie hystérique , vous avez fait vôtre la superbe réflexion de Beckett "L’essentiel est que je n’arrive jamais nulle part, que je ne sois jamais nulle part . . . peu importe grâce à quelle dispense." et pourtant vous courez à travers les mouv pour chercher le chaudron d'or des leprechauns en enfilant une paire de bottes à la pointure d'un MTT égaré.