26 novembre 2014

Point final ou point de suspension?



Après presque 4 ans d'absurdité, d'exposition voire d'exhibition il est temps au moins un temps de tirer sa révérence.

J'aime le poker et je continuerai à jouer (notamment avec la fnl) et peut être après un bol d'air et de repos je reviendrai sur ce blog ou sur une variation mais là, malgré une lutte de chaque instant je crois que le marasme ambiant m'a contaminé.

4 ans de blagues, de rires, de rencontres, de jolies amitiés, de cris, de frustrations, de déceptions, de peines et même blessures...bref 4 ans qui m'ont rendu bien plus riche que ma bank roll , lol

Merci pour cela de m'avoir accompagné, de vos commentaires que j'attendais avec avidité, merci de m'être grâce à vous sentie moins seule et isolée...pour une fois, moi la grande paranoïaque, j'ai ressenti ce plaisir douillet d'être dans un groupe, une équipe malgré mes mouv à la légèreté teutonique et mon caractère...euh....mon caractère.

Bref, bisous et peut être à bientôt!!!

THAT'S ALL FOLKS!!!

23 novembre 2014

Pavlov et le Poker!!!





Suçotant un biscuit diététique insipide du fait de mon régime, voilà que cet après-midi en plein tournoi mon esprit s'égara vers la réminiscence de ma dernière religieuse au chocolat et dans un conditionnement tout pavlovien, je salivais joyeusement.

 En effet je me savais parfois, dans certaines circonstances, chienne, mais là cela me rappela immédiatement comment le savant Pavlov démontra en utilisant un chien que l'on pouvait involontairement grâce à un stimulus extérieur appris (non innée) avoir certains réflexes involontaires car devenus instinctifs suite à un conditionnement .

Parallèlement, je me remémorais cet EXCELLENT article (ben quoi? on est jamais mieux servi que par soi-même) expliquant que la mémoire traumatique,du fait des micros traumas qui lui sont liés, altère neurologiquement la mémoire, la stagnant à un moment donné à l’inverse d'une mémoire saine qui, elle, est évolutive.

Or, grâce aux travaux de scientifiques scandinaves, nous savons que les stimuli du cerveau réagissent plus violemment à ce qui nous choque, heurte que ce qui nous parait harmonieux... c'est pour cela que l'on relèvera nos bad beat bien plus que les cartes que nous avons pu faire passer malgré des statistiques en notre défaveur dans une table de poker...c'est aussi ce qui nous donne cette impression récurrente qu'il y a plus de métro en face de notre rame et que les caisses ou voies d'à côté avancent toujours plus vite que celles que nous avons choisies.

Paradoxalement, spontanément notre cerveau s'intéresse, lui ,bien plus à l'affirmation de nos croyances que ce qui pourrait l'infirmer, ainsi nous avons tendance à rechercher et accorder plus d'attentions aux informations qui nous confortent que celles remettant en question nos opinions et plus encore dans ce fameux réflexe quasi pavlovien, la zone de notre cerveau "récompense" est immédiatement stimulée lorsque quelqu'un abonde dans notre sens nous procurant un effet euphorisant...ou le même plaisir qu'une bonne religieuse en période de diète.

C'est peut être aussi pour cela qu'il est plus facile d'apprendre lorsque nous sommes jeunes et plus nous vieillissons plus nous avons tendance à vivre de nos acquis et être dévoré de certitudes...combien de personnes abandonnent leur curiosité au profit d'un délicieux apéritif bienveillant et complaisant dans un mojito d'idées rassurantes ... c'est à ce moment là que survient le conditionnement pavlovien du joueur pourtant si antagoniquement opposé au jeu lui même..."les aléas m'ont fait perdre cette partie que j'ai pourtant si bien joué"

Donc, en conclusion, je viens de découvrir que tout comme vous,  tel le chien le pavlov je salive dès l'arrivée préflop d'une grosse paire ,  oh oui! je bave allègrement, sans vergogne, car sans même en avoir conscience, lorsque ma grosse paire est confortée par un flop en ma faveur et que du coup je n'ai même pas cherché une stratégie subtile pour la rendre plus rentable, en bonne fish conditionnée que je suis, tandis qu' en revanche j'ai bien senti le micro trauma qui s'opérait lorsqu'une quinte de l'espace m'expédia dans un déhanché indigne hors de ma partie de poker cet après-midi! Quel gougnafier que mon adversaire! pourtant je l'avais - évidemment- excellemment joué!

Merci d'être d'accord avec moi afin que je puisse virtuellement dévorer cette délicieuse religieuse en titillant la zone récompense de mon cerveau! mmmh! exquise!



13 novembre 2014

Chemin initiatique


Non rassurez-vous, je n'ai pas pris de sucre et je ne me prends pas pour Pollux dans le  Manège enchanté . je ne suis pas non plus comme son créateur inspiré par un trip d'acide. Il ne s'agit d'ailleurs pas non plus d'un pamphlet sur les bienfaits chamaniques ou l'oeuvre de Castaneda... Certes il y a surement des Yaqui (mentors) dans le poker mais ma réflexion est bien plus existentielle que métaphysique...quoique...qui n'aime pas se perdre dans les méandres de son esprit afin de mieux se retrouver?

L'imagination, la partie dominante en l'homme mais pourtant s'érodant par manque d'ennui, de temps morts, par saturation des sens aux aguets, de cette image zappée des réseaux sociaux. Pascal en parlait comme la suprême ennemie de la raison,  se plaisant à la contrôler et à la dominer . C'est bien elle qui fait croire, douter, vaciller pour finir par nier la raison.

C'est elle la salope, qui alors que vous comptiez gentiment vos outs, regardiez la position, le profil des joueurs c'est elle qui alors commence à vous susurrer les choses les plus abominables, les "et si?" et le plaisir sensuel de la transgression, de la folie de mains aléatoires alors que vous meniez joyeusement et arriviez gentiment à la bulle...c'est elle le chant des sirènes, dont le soutra principal, principe même de la pensée magique réside dans le simple fait que soudain si vous jouez maintenant alors que tout est en votre défaveur vous allez l'emporter....certes! mais loin, loin dans un all in dont on ne revient pas! et inutile de dire que le bondage d'Ulysse pour résister dans une feinte inertie est peu propice à cette bataille de blind! un bluff souffreteux.

Finalement le poker est presque l'autre côté du miroir de votre gamme harmonique: vous prônez la bienveillance, le contrôle de vos émotions et la non violence? derrière votre vanité, vous voilà vêtue comme une walkyrie hystérique , vous avez fait vôtre la superbe réflexion de Beckett "L’essentiel est que je n’arrive jamais nulle part, que je ne sois jamais nulle part . . . peu importe grâce à quelle dispense." et pourtant vous courez à travers les mouv pour chercher le chaudron d'or des leprechauns en enfilant une paire de bottes à la pointure d'un MTT égaré.



23 octobre 2014

Le relou ou la calling station!

                                                                                                                           

- hé M'dame, hé m'dame tu veux pas boire un verre?
- Vous êtes charmante vous savez!
- Ah? Euh...ok. Merci!
- Je peux vous offrir un verre?
- heu non, merci, mais mon mari et mes enfants m'attendent
- je peux alors avoir votre numéro de téléphone
- (voix de fausset, sourire en tôle ondulé) ah je ne crois pas désolée, non!

C'est à ce moment là que plusieurs cas de scénarios s'offrent généralement aux dames concernées:

- Salope! tu te crois belle peut être, grosse conne, va!
- t'es raciste?
- et ton mec il te défonce bien la chatte?
- on pourrait se retrouver alors un autre jour?
- Vous allez faire un tel malheureux, je vous regarde depuis des semaines (hein?), vous avez l'air si gentille...
- Allez, 5 minutes c'est rien...

Bref, toute la gente féminine a déjà connu un de ces cas de figures dont les grandes villes (et notamment Paris du fait de son anonymat) nous abreuvent: "le relou ",

Oui! ce mec qui vous drague tandis que vous dormez à moitié dans les transports, rêvassez dans les rues et  qui ensuite vous colle espérant une érosion de votre volonté, un retournement de situation ou votre "non!" ferme deviendrait ce oui tant attendu.
Pourtant, vous étiez bien contente car vous aviez bien rodé votre refus, justifiant - comme si cela était nécessaire -  le fait que vous ayez l'outrecuidance de refuser cet acte altruiste du faquin par un mariage, votre irréprochable fidélité et des enfants...beaucoup d'enfants...la plupart abandonne aussitôt et vous partez flattée et légère de cette petite intrusion romanesque aussitôt avortée mais non, le relou lui, bêtement, s'accroche! non est un peut être voire un oui en devenir! la rebuffade? même pas peur et tandis que votre sourire poli s'amenuise et votre regard brûle des frimas de l'hiver se demandant sous quel ton employé pour que l'impudent comprenne,  le monsieur jeune ou vieux, BCBG ou en survet sans forme, continue sa gigue et son discours oiseux dévorant petit à petit votre atmosphère et le vernis de votre politesse.

Ça fait chier! c'est pas forcément bien méchant mais crevant de se faire entendre et le soir toute seule, enfin peinarde dans vos pénates vous êtes encore à grommeler sans même savoir pourquoi...
Au poker le relou est la calling station qui vous colle tandis que vous faisiez un superbe bluff et avec qui vous risquez du coup un accident de conduite (comment? il m'a pas suivi sans rien? est-ce qu'il a touché ou non?), qui vous bousille la seule superbe paire de la partie par une quinte de l'espace et qui ne comprend pas vos mises pour le faire gentiment partir et s'accroche désespérément à vous... comme hier soir cette magnifique paire de dames qui m'apparût tel un rayon de soleil dans le mercure du ciel parisien et qui fut immédiatement suivi...hé madame, madame? flop 7 k 2...je vais raiser parce que le roi m'inquiète...il suit et se call "hé, te sauve pas comme ça, on peut parler?" non je veux pas parler! avec ma chance en plus, je reraise: 8 au turn de la route...c'est là que nos chemins se séparent non? partons la tête haute en étant un peu plus sèche - je balance le tapis - il suit...et reçoit un 10...

Bien sûr il avait 8-10 même pas suited et j'ai grommelé me demandant si j'aurais dû envoyer Raoul lui bouffer sa main plutôt que mes raises (pour une fois) conventionnels et bien proprets.
J'ai claqué la porte au nez du malotrus, changé de room et je suis allée boudée devant la TV.

hé M'ssieur! 'ssieur! t'es trop classe! on va boire un verre?


15 octobre 2014

S'envoyer en l'air oui! mais dans quelle position?



Comme beaucoup de gens, je "souffre" du complexe du cadet. C'est à dire que ma position dans ma fratrie a influé depuis mon enfance sur ma personnalité et a construit tel un rempart ce sentiment constant de se sentir en nul lieu à sa place...
Cela s'est renforcé par bien des déménagements et des racines familiales un peu dispersées et cela se traduit par ma manie horripilante de m'excuser de m'excuser, de rarement être à l'aise avec les autres, un peu perdue et réfugiée dans mon monde onirique et je présuppose, enfin, je peux présupposer sans grand risque, que mon enveloppe corporelle quelque peu imposante est aussi une quête de trouver une consistance, de laisser une trace, tout comme ma fascination de l'image et (au-delà du narcissisme) particulièrement de la mienne. La question en effet, chez moi, n'est pas (ou peu) de m'aimer ou de ne pas m'aimer mais de laisser une empreinte, une permanence chez l'autre et chez moi par moult truchements.
C'est aussi certainement la raison de ma fascination du purgatoire beckettien, bloqué dans un rythme binaire , sans début ni fin, une lente agonie "pour finir encore"
Et donc dans mon jeu de masques, avec mes atouts, bad beat,  bluff ou sans bluff, j'attends inlassablement Godot.

Bien sur ma sœur aînée, elle, vous parlerait de ce poids si lourd des responsabilités, de sa famille, de ses cadettes, de devoir être la fille modèle, sérieuse... Si je doute et muse dans les méandres de mes rêves, ma sœur ne peut se le permettre et fonce, tel son signe astrologique le bélier afin d'ouvrir la voie, la brèche pour nous faciliter notre passage... elle représente "l'intellectuelle" de notre fratrie et n'agit qu'à bon escient tandis que je suis sensée être l'artiste libre de ses excentricités et à protéger de son hyper sensibilité et émotivité.
Quant à ma petite sœur, la benjamine, elle a souffert également de solitude car élevée un peu différemment, de manière plus laxiste, car bien plus jeune, elle est celle qui traditionnellement ne peut grandir tant elle focalise l'attention plus fusionnelle de nos parents mais la révolte, sa révolte alors devient également son lot -la révoltée- afin de se faire entendre et pouvoir se construire.

Dans cet exposé quelque peu sommaire et caricatural de ma famille (mea culpa envers eux) et du modèle habituel familial, on voit combien la disposition joue sur nos cartes de vie tout comme dans une table de poker: le premier à parler, l'UTG;  l'aîné se doit d'être plus avisé, plus sage (plus serré)  puisque porte toute la tablée et avance sans recul afin de préparer le jeu...il ne jouera pas donc les cartes tel un cadet plus libre de ses mouvements, se reposant sur l'aîné tout en jalousant la place chérie du benjamin car ce petit bouchon, euh bouton se sert des cartes avancées de ses deux aînées et peut se permettre alors de jouer dans une rébellion agressive des blinds , ses parents, dans une relation quasi fusionnelle.


07 octobre 2014

Des confitures du bluff raté



Il n'y a rien de plus humiliant et frustrant que de se faire prendre dans un bluff ...pas un semi bluff justifiant médiocrement votre fulgurance douteuse, mais un vrai et affreux bluff, une petite horreur que vous pensez soigneusement cachée dans les sombres tréfonds de votre âme jeu et qui explose telle une flatulence joyeuse lors du silence mortifère de l 'eucharistie d'un enterrement , d'un colloque sur la pensée de Plotin ou d'un tournoi de MTT avec tous vos copains qui vous regardent (dixit la jauge en alerte rouge de ma paranoïa) atterrés de "cette femme si bien , si comme il faut" qui vient d'émettre ce bruyant et pestilentiel (odeur de fish pourri of course) 4-2 non suited, raisé dans un all in absurde et juste complètement con!

Ah! déconfiture de l'orgueil et de la gourmandise, les malheurs de Busty me rappellent soudain la cruauté inhérente aux livres marquants de notre enfance et notamment ceux de la Comtesse de Ségur.

il est fascinant de remarquer que les plus grands écrivains pour enfants furent les plus grands sadiques: en Angleterre, par exemple, le puritanisme mordant chez Dickens se retrouvera évidemment ensuite dans les œuvres ironiques et cruelles de Roahl Dahl (Charlie et la chocolaterie, James et la grosse pêche) ou plus récemment dans celles de J.K Rowling (Harry Potter)...

En France, malgré le luxe inouï de la famille Rostopchine, l'enfance de la comtesse de Ségur fut marquée par des privations systématiques ...elle raconte dans son livre "ma chère Maman" que son père, le général Rostopchine écrivait " J'ai été privé de trois grandes réjouissances de l'espèce humaine: du vol, de la gourmandise et de l'orgueil"...Du coup, ces trois éléments seront la clef de voûte de son oeuvre romanesque et notamment dans les récits accompagnant son personnage emblématique: Sophie.

La gourmandise omniprésente est toujours punie comme dans le célèbre épisode des confitures car le personnage de Sophie s'y perd toujours dans une terrible précipitation teintée d'angoisse gâchant ainsi  systématiquement tout le plaisir qu'elle aurait pu y retirée par la peur panique d'être grondée et la culpabilité inhérente à la faute.

la faute du vol et de la gourmandise est sévèrement châtiée de manière disproportionnée, teintant de manière anxiogène les récits de la romancière car les conséquences y sont toujours tragiques et stigmatisantes (robes salies, mains poisseuses, vomissements...)

Comment ne pas retrouver dans le vol, le caractère têtu du protagoniste, la gourmandise et la punition tragique de ces livres qui hantèrent notre enfance,  la débâcle du bluff raté et dévoilé ainsi que ses conséquences ou ses châtiments tragi-comiques l'accompagnant: la culpabilité et la  honte de l'exposition de cette faute, de cette avidité goulue au vol ou grignotage des blinds incontrôlée... le poker devient alors pour nous, la cruelle belle-mère, Madame Fichini, de Sophie.



14 septembre 2014

Penser c'est anticiper !


Le petit tournoi de Omaha que je fis aujourd'hui me rappela que notre ex bien aimé coach à Mama, Zara et moi, toujours irrémédiablement perdu dans les avens de mon décolleté, nous répétait, inlassablement, qu'au Omaha comme ailleurs ( mais du fait de la variance supplémentaire peut être même encore plus qu'ailleurs), il fallait anticiper les coups avant de jouer... d'autant que c'est du pot limit  qui est  en ligne joué...ainsi, si tout le monde entre dans le pot préflop, cela signifie que le flop sera énorme et donc au lieu de se dire: "mmh je peux mettre mon orteil dans la mer cela me fera pas grand mal", il vaut mieux penser au tsunami en retour qui m'engloutira au flop...au turn...ou à la rivière...cela n'est pas pour rien que Jeanne Moreau chantait : "les petits ruisseaux font les grandes rivières"



Bref, je suçotais donc mon bonbon au citron (information essentielle à la suite des événements...ou pas) en maugréant tel le petit Gibus "si j'aurais su ,j'aurais pas venu". Lorsque, subitement, une analogie étonnante avec la pensée d'Aristote me troubla et notamment le distinguo qu'il conceptualisa entre acte et puissance (on va éviter la notion d'entéléchie pour empêcher un chœur général de mes lecteurs brailler un "courage! fuyons" et aussi parce que c'est compliqué pour mon petit cervelet également)

Donc, Aristote a élaboré une distinction radicale entre les choses qui sont en acte et celles qui sont en puissance: en fait, pour lui, l'acte désigne soit ce qui est en train de s'accomplir , soit ce qui est terminé alors que les choses en puissance  par opposition à celles qui sont en acte, ne sont encore qu'au stade virtuelles, pas achevées. (par exemple tout être humain est en puissance un joueur de cartes...mais il ne le sera en acte qu'avec l'apprentissage du jeu)

Bien sur, dans sa logique, l'être en acte est forcément d'une plus grande perfection que l'être en puissance et c'est pourquoi il écrit dans Physique II: "Chaque chose est dite être ce qu'elle est plutôt quand elle est en acte que lorsqu'elle est en puissance"
Ben oui, vous avez AA en main: en puissance vous avez la main en plus fort mais voici que le J10 de votre adversaire va du fait du flop créait une quinte: en acte vous n'avez plus du tout la main la plus forte!!!

En fait, c'est également vachement important car cela va privilégier l'inspiration , car avec ces notions, on est plus dans une métaphysique rappelant le terme hébreu de "Rouach", ce premier mot de la Genèse de la bible juive qu'en français on traduit généralement par esprit "et le souffle des dieux planait à la surface des eaux"...

Ben là,  avec mon wrap de quinte qui me fit sortir de mon tournoi si j'ai ressenti l'inspiration des dieux , penser c'est anticiper mais pas c'est pas forcément suffisant car nom de Dieu,  je fus vite chassée du jardin d'Eden pour goûter à l'amertume de la Géhenne...j'ai joué et j'ai perdu dont acte!

06 septembre 2014

Tous ceux qui tombent ou chéri passe-moi le gaélique stplé!



Mince, je fais peu de pub mais là je ne pouvais pas passer l'occasion d'un événement qui me tient à cœur... parce si à ma grande honte je n'ai hélas passé dans ma vénérable existence qu'un week end y a déjà 15 ans à Dublin...la verdoyante Irlande est quand même le pays de mon écrivain préféré Beckett, mais aussi de certains de mes auteurs fétiches comme Joyce et Wilde qui me marquèrent tant ou de Yeats dont le poème me hante depuis une semaine:

"HAD I the heavens' embroidered cloths                            Tu marches sur mes rêves
Enwrought with golden and silver light,                               Si je pouvais t'offrir le bleu secret du ciel,
The blue and the dim and the dark cloths                          Brodé de lumière d'or et de reflets d'argent,
Of night and light and the half-light,                                   Le mystérieux secret, le secret éternel,
I would spread the cloths under your feet                          De la nuit et du jour, de la vie et du temps,:
But I, being poor, have only my dreams;                           Avec tout mon amour je le mettrais à tes pieds.
I have spread my dreams under your feet;                        Mais tu sais, je suis pauvre, et je n'ai que mes rêves,
Tread softly because you tread on my dreams. "              J 'ai déposé mes rêves sous tes pieds
                                                                                         Marche doucement, car tu marches sur mes rêves.

Bref, pour à peine 1 euros (même pour ma pauvre br c'est pas cher ^^), Pokerenligne.com organise un tournoi le 9 septembre à 21h, sur Winamax (ça tombe bien c'est la seule room sur laquelle je joue) et on part (si on gagne) à Dublin...certes pas pour fêter le bloom's day mais plus le WPO Dublin...et sinon y a plus de 2.500 euro de lots à se partager ...

Suis pas fan de la bière mais boire une Guiness à Dublin...je ne peux qu'être enthousiaste!

Au fait c'est PKEL et ses partenaires qui nous convie à un tournoi anniversaire, ben j y serai le 9 Septembre à 21h  avec 20 000 jetons  de départ, je devrais jouer plus de 5 mn et puis un dieu pour les Fish (je suis pas chrétienne mais après tout ...moi je veux pas dire... mais l'iconographie de Jésus c'est IKTOS un poisson! tiens j'ai pas encore fait d'article à ce sujet c'est ballot..)

Ah, au fait... Pour recevoir votre ticket de participation à ce grand événement, c’est très simple (il suffit de copier et tuster sur le post de mon pote Blacky comme moi ou surtout de cliquer sur lien pour avoir toutes les modalités)  et vous avez jusqu'au dimanche 7 septembre à 23H59  pour :

Pour recevoir votre ticket de participation à cet évènement, c’est très simple et vous avez jusqu’au dimanche 7 septembre à 23H59 pour :
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Les partenaires du tournoi PKEL

25 août 2014

Le tilt et la mémoire traumatique !




Je viens de tester malencontreusement cette "nouvelle" structure qu'offre Winamax: le Go fast.

En ce retour de vacances, un brin désaxée et engluée dans le marasme de la grisaille, voilà qu'un soir, lasse, l'esprit trop épuisé pour me concentrer sur un tournoi et ne prisant plus trop les sit and go , rassasiée voire saturée des expressos, je suis me suis alors aventurée en terre inconnue!
Ah moi qui refusais le cash game habituellement au nom du saint "connais toi toi-même" de papy Socrate, je suis tombée par inadvertance, par oisiveté (mère de tous les vices) dans l'onglet "go fast"...

Rien que le nom j'aurais dû savoir que cela n'était pour moi et quitter au plus vite cette iconographie dantesque de voiture de course dopée à l’adrénaline... mais non! je me suis installée et laissée conduire, curieuse.
Courageuse mais pas téméraire ou pas encore complètement insouciante, j'ai choisi évidemment la plus petite structure...le drame serait ainsi très limité à seulement 2 euros et dans ce cocon douillet, je me suis prise à jouer et à me régaler de la vitesse de zapping  de ce go fast et du "instant fold" (déjà que je ne fais pas assez attention et analyse pas assez bien le jeu de mes partenaires, inutile de dire qu'ici tout est fait pour que sans complexe au lieu de jouer en fonction des autres, notre position etc, nous jouons nos cartes dans un automatisme simpliste.)

Bien sur j'ai entendu la petite voix de Phil comme un résidu d'une ancienne conversation me rappelant que justement c'est pas mes cartes que je devrais tout d'abord regarder, voix rejointe par une voix étouffée de basse de Bruno toujours perdu dans mes gorges profondes (petite recette de grand-mère: prenez et coincez-vous un chihuahua dans la gorge et vous pourrez chanter comme José Van Dam)...mais malgré ces voix qui me hantaient; j'ai gagné le 1er jour un peu, puis le 2e un peu plus encore, idem le 3e ...du coup, j'ai changé de buy in et telle la chèvre de Monsieur Seguin , j'ai complètement enfoui les voix de ma conscience pokéritistique pour au bout de 4e jour, me faire brûler  et cela sans même l'aide de la perfide Albion ...cochon qui s'en dédit!

Bien sur, à ce moment-là, j'avoue avoir tilté d'avoir perdu l'immense somme de 5 euros par un vilain A10 suited venu gentiment craquer ma paire d'as par une quinte ...

Tiilt! game over! mal, patraque, dans une rébellion orgueilleuse et désespérée, j'ai voulu me refaire (voilà pourquoi je ne joue jamais au cash game) mais, ayant perdu toute confiance en moi, j'ai alors choisi une table à moindre buy in, pour perdre, évidemment,  à peine 10 mn après, 2 autres euros!

J'avais oublié la mémoire traumatique liée au tilt!

En effet dans notre petite psyché quand la  mémoire est saine, la majeure partie du temps donc (enfin pour la plupart d'entre nous) elle est évolutive: c'est-à-dire qu'elle change selon les ages et les contextes...

En revanche, la mémoire traumatique est déchirée car tout simplement la représentation de soi est déchirée.
Anna Freud expliquait bien qu'il fallait distinguer  le trauma qui est le coup et le traumatisme qui est la représentation du coup...les deux sont très différents et pas forcément de la même échelle.
C'est aussi ce qui nous distingue a priori des autres animaux: ceux-ci prennent un coup, ils crient, ont mal et s'enfuient Nous ne fonctionnons pas ainsi : les hommes en fait reçoivent deux fois le coup: d'abord l'événement, le bad beat (ou trauma) mais ensuite de ce mauvais coup vient le traumatisme car nous focalisons sur sa représentation : pourquoi il m'a dit cela, pourquoi il m'a fait cela, pourquoi moi...pourquoi dans notre cas présent ai-je joué mes as préflop ainsi?
C'est une autre forme de souffrance qui altère la mémoire et l'immobilise... notre mémoire est un peu comme la femme de Loth, dans l'ancien testament, lors de la destruction de Sodome et Gomorrhe (le coup) qui s'enfuyant se retourne sur la ville détruite (traumatisme) et se retrouve alors statufiée en statue de sel (mémoire altérée) tandis que Loth, lui, continue sans se retourner comme il lui fut commandé (mémoire saine et donc évolutive).

En fait, la mémoire traumatique se caractérise par un scénario souvent identique:: en premier lieu vient l’hébétement (ici au moment où surgit la quinte éventrant ma paire d'as gagnante préflop sur cet AS10)...hors de son monde pas préparée , je suis chaos debout (avec ce putain de all in, fatal).
Vient ensuite, pernicieux, le tilt car ma mémoire se fixe sur ce bad beat . Il surgit alors toute échelle confondue comme un syndrome psycho traumatique:  je reste prisonnière du passé;  la mémoire n'est plus saine, n'est plus évolutive et l' image se répète, constamment dans ma tête.
Je ne pense qu'à cela,  totalement captive du passé...

De cet événement et de mon manque de distanciation suite à ce traumatisme, je me mets alors à mal jouer car je perds confiance en moi, en mes cartes, remplaçant (oui Bruno: les outs, les outs) les statistiques ou ma méthode de jeu (admirable of course: la méthode fishy à apprendre confortablement chez soi ) par de la pensée magique...je me rappelle d'ailleurs à ce propos un collègue blogueur épuisé de s’être fait craqué deux fois les rois, qui disait sur skype: "si je les ai encore , je les jette! je les jette!"



C'est aussi parce que cette mémoire traumatique dans notre cerveau fige ces traumatismes que le cerveau se rappelle plus les mauvais coups que les bons coups...c'est également la raison pour laquelle nous avons toujours tendance à penser que nous empruntons systématiquement la mauvaise file d'attente avec la caissière qui va remettre son rouleau ou chercher un prix pendant 5 mn, que nous voyons plus de bus ou métro dans l'autre sens ... ou que nous retenons plus les bad beat au lieu des fois où les cartes tournent en notre faveur.

Moralité: les bons joueurs de cash game ont donc une mémoire bien moins traumatique que la mienne ...entre autres petites choses !!!

16 août 2014

Don quichotte, Opalka et le joueur de poker


Un peu lasse d'être de retour dans la capitale, je pensais dans un spleen non désagréable à tous les projets que je n'avais pas mené à bien par manque de temps, trop occupée à gambader en forêt et à humer l'air pur du causse... Dans les détours des sentiers, enivrée des odeurs et de leur quiétude, j'ai un peu oublié que je voulais enfin mener à bien quelques "projets artistiques"... tant pis pour mes idées de photos, de sculptures et d'installations... idem pour ma décision de reprendre les pinceaux après quasi 20 ans d'abstinence, elle retourna rapidement dans le Léthé d'où je l'avais extirpée... après tout, cela attendra encore un peu me disais-je désabusée!
Pourtant, tel fut mon unique leitmotiv de ma prime enfance où je contemplais des heures durant, avec une évidente délectation, le livre de mes parents sur les reproductions du Louvre jusqu'à mon immersion dans la vie active, un peu avant mes 30 ans.

Bien sur, sans grande originalité, comme beaucoup, je faisais mienne la superbe et émouvante chanson de Brel, "la Quête", tirée de sa comédie musicale Don Quichotte




Don Quichotte ...Le héros de Cervantès errant sur les routes comme Opalka, cet artiste qui adolescente me fascinait et qui de 1965 (année du 1) jusqu'à sa mort peignit tous les jours, dans une constance monacale, ses "détails", une trace du temps qui passe...en fait les chiffres puis les nombres égrainant ce temps. Dans ce combat absurde et épique , de ses nombres ou de ses moulins à vent, arrivé au 1.000.000,  il ajouta à ses toiles, chaque jour dans sa peinture initialement noire 1% de blanc. Chaque jour, après avoir peint ses nombres, il se photographia, "un selfie "dirions-nous aujourd'hui avec dérision, toujours dans la même pose, la même attitude.

Cet artiste obsessionnel poursuivit toujours une même oeuvre jusqu'à l'acmé utopique, dans des toiles qui sont pourtant jamais les mêmes...son travail prend évidemment tout son sens dans la durée...et ne s'achèva qu'à sa mort en 2011...Le temps a alors rabattu son manteau.


Le joueur de Poker à l'envi contre ses adversaires mais aussi souvent contre lui-même, tel Opalka ou Sisyphe, régulièrement, voire quotidiennement, s'engage dans la lutte redoutable des tournois ou des tables de cash game, reprenant et ravissant pour lui les vers de la chanson de Brel tel un Don Quichotte qui essaie de:

"...Brûler d´une possible fièvre (...)
Tenter, sans force et sans armure,
D´atteindre l´inaccessible étoile
Telle est ma quête,
Suivre l´étoile
Peu m´importent mes chances
Peu m´importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner (...)
Brûle encore, bien qu´ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s´en écarteler
Pour atteindre l´inaccessible étoile."

Parfois, peut-être à raison, vaincu par le chevalier à la Blanche Lune de sa table, le joueur comme le héros du roman picaresque abandonne non seulement la partie par nécessité ou pour se résigner car après tout comme Cervantès l'écrivait "se retirer n'est pas fuir"... pourtant... cette dernière main, ce 1 pour cent de blanc qui caresse et flirte avec le monochrome absolu idéalisé de la toile blanche d'Opalka...Dieu qu'il entend son pas d'étoiles en étoiles.