23 février 2014

ô les beaux jours!




Non rassurez-vous, je ne vais point discourir d'une des plus célèbres pièces de théâtre de mon écrivain fétiche, mais le titre illustre un résumé de ce soleil dominical, de ces journées où enfin on retrouve un peu plus à chaque instant de lumière et cette extraordinaire et inespérée victoire du mini championnat organisée par Mama et winamax avec comme prize pool une entrée pour la finale par équipe des winamax poker tour..

Tout cela, grâce au mégalodon célèbre de la FNL PascalP et la non moins seriale killeuse du jeton Tasha car c était assez mal parti comme je l'avais narré dans " je suis un boulet" où j'avais juste oublié la date de la 1ère manche et donc fait comme somme de points, à offrir généreusement pour mes coéquipier un très brillant 0 la tête à toto ...

J'avais eu un peu honte (doux euphémisme), surtout que je geins souvent (et râle aussi mais là plus dans mon lit) d'être un brin oubliée ou trop catégorisée fish et là j'avais déjà commencé mon numéro de Caliméro lorsque Mama me mis en relation avec Tasha pour faire équipe, j'étais ravie, flattée car j'avais joué notamment avec elle (mais aussi Kat, Zara, Mama etc.) dans un super tournoi de la fnl " Foufs contre Zigouns" dans l'équipe des foufs évidemment...on s'était bien marré...il fallait choisir un partenaire et Tasha avait deux noms à me proposer, un que je ne connaissais pas et Pascalp que je cotoyais un peu plus virtuellement, puisqu'il sévit sur les tables de la FNL et me flanque -il est vrai- aussi souvent des raclées (haaaaan!?) non, au scrabble sur facebook...Aussi, pour une fois que je n'allais pas sauter d'une de ces mains hasardeuses, dans un all in suicidaire mais que j'allais être sa complice, j'étais ravie.

Tasha alla donc lui demander..."dis donc chéri tu veux pas jouer avec Busty et moi" (cette phrase n'est pas totalement littérale je l'avoue) ...lui blêmit et passa direct du statut de mégalodon à celui de requin blanc dans le nuancier des teintes "euh à quoi?"... je ne sais comment la bougresse s' y est prise mais il accepta et nous voilà sur les tables...euh... enfin les voilà à donf la semaine dernière pour la première manche et moi en pom pom girl si rougeaude de vergogne que je comprends mieux pourquoi à Rouen durant la même journée où j'avais dû aller , l'abbé Cochon ne me brula pas mais au contraire m'envoya quelques clins d'oeil complices, sûrement était-il visionnaire de cette trahison future à mon équipe...Mama un jour, en discourant d'astrologie m'expliqua que selon les astres (enfin truc comme cela, je m'avoue inculte dans ce domaine) j'étais totalement lunaire...elle avait raison car visiblement quand je ne montre pas mon cul, c'est bien la tête que j'ai dans la lune!


Alors lundi dernier, j'avais mis des garde-fous partout, au bureau, sur mon pc, des post it... j'étais prête et inscrite...au début cela partit assez mal, j'étais un peu fatiguée, crevée et tendue de pas faire de conneries...je jouais on ne peut plus scolairement (enfin pour la walkyrie)... j'avais certes de jolies cartes mais rien ne passait, j'étais tendue d'un côté et  j osais pas trop y aller car je voulais absolument me rattraper et du coup je me sentais engoncée dans mon jeu comme dans mon jean après quelques rochers suchards...ca se dérouleait mal les flops n'étaient jamais  en ma faveur...je lâchais 3 fois AQ grognant lorsque soudain, je touchai contre Carter un brelan...sauf  que c'était là où le bas blessait, le flop présentait 3 carreaux! putaing cong comme on dit chez moi, ca craignait, faisait chier, j'avais 10.000 , je pouvais encore me rattraper mais...argh...bon j'avais un beau brelan, on était seulement deux en jeu, je raisai afin de tester l'air du moment et ...argh...Carter fis all in... j'avais beau être parano, je ne croyais évidemment  pas que Carter me bluffait, enfin je doutais, quoique... s'il avait le nuts pourquoi me balancer ainsi le tapis et me faire folder...arf, je le voyais à 75% avec un flush...merdam! encore une fois mes cartes étaient bousillées...erf il me fallait lâcher et là je sais pas ce qui m'a pris, je savais que je faisais une connerie, mais j'avais été si sage que c'est comme après un régime, on a les digues qui explosent et bay cagas, j'y suis allée, j'ai alors suivi ce all in priant ma divine chatte...celle-ci entendant son enfant perdu dans ce mouv suicidaire, lui accorda un full à la rivière la sauvant et bouffant un carter quelque peu grognon mais comment lui jeter la pierre, parfois mal jouer nous fait gagner..   je ne faisais pas la fiéraude sur ce coup là ni devant la hargne de mon compère blogeur...bref, chatte et ..chatte, je finis pas mal dans mes 2 jeux: 4e et 3e je crois...Tasha me dit que notre mégalodon préféré, l'idole de ses dames, Pascal etait à donf...le bougre gagnant ses 2 tournois...wow 3/4 tournois gagnés! total respect! je me promis de ne plus le taquiner au moins pendant 2 jours!


A 2h du matin tasha m'envoya un sms pour me dire qu'on a gagné! j'y croyais pas! j'étais tellement excitée dans mon lit que je n'en ai pas dormi! au réveil! j'étais avec le sourire jusqu'aux oreilles qui s'accentua encore d'avantage si cela était possible par le super gentil message de Blacky nous félicitant ...touchée! jolie attention qui résonnera longtemps et sacrée baume, ainsi que tous les messages d'encouragement et de félicitations des joueurs du tournoi...comment ne pas être joyeuse ensuite!

Ensuite? création de l'équipe "cap'tain fnl et ses 2 vilaines blogueuses "...une soirée de discussion et de rire pour ce superbe titre, mais avec un titre comme ça c'est sur! on va gagner!

et vendredi on a reçu mail de winamax: 

Bonjour,

La finale du Winamax Poker Tour n'est plus qu'à quelques jours de son lancement ! Vous trouverez dans cet e-mail les informations utiles au bon déroulement de votre tournoi.

Vous êtes inscrit au jour 1C. Vous débuterez donc le tournoi le vendredi 7 mars à 22h00.

Maman, j'ai super peur mais on va bien rire et suis super excitée...Je vais peut être renforcer ma dose quotidienne de bétabloquant pour calmer mon tremblement des mains...parce que Parkinson à côté ça sera de la gnognotte!
Mais je sens, j'espère qu'on va bien rire...le reste ...who knows ?avec 2 sharks tels que mes équipiers et un malentendu (pour ma part, rires), on peut se mettre à rêver... en attendant je fais des offrandes à ma chatte pour l'entretenir et qu'elle soit en forme le jour J

Quelle aventure!!!

Enfin, the last but not the least comme dirait Shakespeare , un autre aventure et non des moindres, l'arrivée, le wipt pour les copains blogeurs et le repas samedi 29 vendredi 28 organisé par D8 ...je suis ravie de les revoir tous ou les rencontrer!


Bref, il fait très beau à Paris ce soir!!!



13 février 2014

Je suis un boulet



Je suis un boulet et un boulet honteux! Ce soir, je baillais aux corneilles m 'occupant de petits soucis persos à régler et revenant d'une longue journée éprouvante (je me cherche déjà des excuses) , lorsque je reçois un cri de Mama sur facebook (me faisant sursauter) me demandant ce que je faisais...car j'ai tout simplement oublié le tournoi...ben le tournoi je pensais que ça commençait la semaine prochaine? non? répondis -je horrifiée ... alors comme m'a dit Mama c'est pas comme si j avais pas commenté tous les billets des bloggeurs à ce sujet...ben oui, j ai absolument pas percuté, j ai honte mais c'est trop tard...entre mes soucis annexes, la stardl lundi, le pokerlanta mercredi etc, j ai tout joyeusement emmêlé!

J'ai particulièrement honte d'handicaper ainsi mes camarades Tasha et Pascal...c'est trop et je peux rien faire et même si je n 'ai pas d'excuses, sachez que je suis navrée de ce rdv manqué....

Faux départ! mais j essaierai non pas de me rattraper mais d'atténuer cette énormité la prochaine fois en cartonnant.



trio avec adrénaline chaude et petits sautés de blogeurs




Non je ne vais pas vous parler , sur ce blog du moins, de mes deux piètres expériences de trio qui à défaut d'avoir été une réussite libidinale fut d'une rare cocasserie et m'appris que je n'étais bisexuelle que psychiquement et que je pouvais être petit bourgeois et réactionnaire parfois: je préférais le sexe à 2.. tant pis pour le fantasme du tournebroche et resterai sur cette ligne de conduite, même si -émoustillement suprème - je recevais une proposition du brave Jean de Bilbo et Pokerloto.

Ils ont beau être super sexy et charismatiques, mon trio actuel (ils y ont échappé belle) avec mister PascalP et mademoiselle Tasha restera sur le plan strictement pokéristique...eh oui! ces fous ont accepté de faire équipe avec moi!  La fée Mama a réussi à nous obtenir un mini championnat organisé par Winamax avec 9 équipes  d'au moins 2 blogeurs!
Nous jouerons 2 tables sur 2 soirées et l'équipe qui aura obtenu le plus de points gagnera un package pour la finale WIPT par équipe...Nom di diou!


Si c'est pas chaud cela! et pour ceux qui auraient encore quelques frissons venus des frimas de l 'hiver, le calendrier bloggeur est enfin prêt ! En vente au prix de 10 euros, sachez que la totalité des bénéfices sera reversé au Resto du Coeur...Merci à PMU de nous avoir subventionné, ainsi qu'à mon amie Cassandre de l'avoir crée, aux photographes et modèles d'avoir joué le jeu! Qui a dit que le monde du poker est un monde individualiste? Enfin une oeuvre collective, sans prétention mais le résultat reste vraiment sympatoche!
Si cela vous interresse, il suffit de nous prévenir


08 février 2014

Des couleurs pour chasser la grisaille


photographie: P. Cirep

Je viens de lire l'article de Brduke sur le classement e-buzzing et je découvre ainsi ma chute "vertigineuse" dans cette hiérarchie des visites. Je dois dire qu'E-buzzing est habituellement le cadet de mes soucis mais ces derniers temps j'ai remarqué une légère mais évidente désaffection de mon blog avec notamment certains de mes commentateurs habituels qui sont moins présents voir carrément absents.

Je sais que j'ai choisi des sujets parfois un peu rébarbatifs ou disparates et qu'un effet de lassitude, après plus de trois ans de bons et loyaux services en incongruité de tout genre, peut légitimement se produire...du coup, je m'interroge s'il n'est peut être pas temps de fermer boutique et de partir sur un autre projet que le poker et d'arrêter de vouloir user de ce dernier comme papillon battant des ailes même si je ne suis pas à Tokyo...je crains malgré tout de tout recommencer car on a vu que ceux d'ATRC comme de Kaviar sont un peu laissés en jachère après quelques articles sur un autre thème que le poker...je ne doute pas de subir le même sort et bien plus rapidement encore.

Il y a une semaine, je demandais à un ami pourquoi mes blogs ne fonctionnaient pas (trop), ce qui selon lui devait être amélioré... Cet ami me dit à ma stupéfaction que la couleur de mon blog, ce rose flashy, pop que j'avais mis lui donnait envie de vomir au bout de 5 mn...consternation de ma part totale...étant plasticienne de formation, ce fut une giffle car je ne m'étais jamais inquiétée de mes harmonies chromatiques même les plus osées et puis il m'avoua tout de go que mes fautes d'orthographes parsemant mes récits discréditaient mes propos...il n'a pas tort, combien de fois je me suis fait traitée sur facebook et autres réseaux sociaux d'analphabète du fait de ma dyslexie légendaire...J'en étais là de mes pérégrinations mentales teintées de spleen lorsque, dans ce marasme, je pensai aux couleurs...et là, je me rendis compte qu'il y avait encore mille et une choses que j'avais envie de conter...de vous parler, d'échanger, d'essayer d'éveiller pour ceux qui ne connaissent pas un certain intérêt ou de vous faire rire..et notamment...eh bien, sur les couleurs!!!

J'ai quelques artistes ou intellectuels chouchous...dernièrement je vous ai parlé avec le paratexte de Genette que j'adore car lorsqu'on le lit malgré la complexité de ses propos, tout y est parfaitement clair...en histoire culturelle, j'adore l'historien médiéviste Michel Pastoureau...qui vulgarise une sémiologie  dont nous sommes tous confrontés et à laquelle nous ne prêtons aucune attention

Je l'ai ainsi découvert dans l'étoffe du diable, une histoire des rayures et tissus rayés (édition point)



J'ai dévoré ce petit livre d'à peine une centaine de pages...je ne suis pas très fifille et je me moque assez de la mode, mais ce livre nous permet de décrypter les signes de notre époque... ce qui rassemble, par exemple, l'iconographie de saint Joseph et celle d'Obélix ou celle de la prostituée médiévale avec celle de l’arbitre de base-ball ...

Ils ont en commun de porter un vêtement rayé, signe de leur situation sur les marges ou hors de l’ordre social., des marques d'exclusion ou d'infamie. Nous découvrons avec moult anecdotes croustillantes, qu'au Moyen Âge, en furent notamment vêtus  les marginaux de la société chrétienne  comme certains artistes mais également les bourreaux ou les putes, les juifs et les musulmans et bien sûr le diable... Puis, sans pour autant faire disparaître  le ressenti de ces rayures très négatives, l'époque romantique verra apparaître une nouvelle forme de rayures associée aux idées de liberté, de jeunesse, de plaisir et de progrès. 

Enfin, dans les sociétés contemporaines, ces deux types de rayures cohabitent : celles des vêtements de prisonniers, de la pègre, des lieux dangereux et mortifères et celles du jeu, du sport, de l'hygiène, de la plage.

Ainsi, ce livre nous montre ce qui ce qui n'est pas littéral...comment un vêtement rayé est connoté,  n'est jamais anodin...dans une période de jeunes cons faisant des quenelles inversées dans un village martyr de la seconde guerre mondiale, il serait peut être bon de se remémorer qu'on crée du sens pas seulement avec les mots.. de ne pas être des moutons de Panurge abêtis par une sorte de junk food culturelle où tout nous est donnée à voir afin de ne surtout point avoir un instant pour réfléchir et penser...Pastoureau également nous montre une histoire des couleurs...encore plus succincte et délicieuse à lire, vous trouvez ainsi le petit livre des couleurs en poche



Ces quelques pages nous révèlent que les couleurs ne sont jamais anodines. Comme les rayures mais de manière encore plus évidentes, elles véhiculent des tabous, des préjugés auxquels nous obéissons sans le savoir, ni vouloir! Elles influencent non seulement notre environnement, et nos comportements, mais notre langage, et notre imaginaire...avoir une peur bleue, des idées noires, être rouge de colère...tout cela  a une portée, et parfois, nous sommes surpris de découvrir certaines inversions de ce qui nous paraissait aller de soi...ainsi, le bleu est la couleur la plus prisée universellement actuellement, équivalent de la vanille pour le goût...pourtant au moyen âge c'était le rouge qui était associé à une couleur apaisante...avoir des yeux bleus était une tare etc

Tant d'anecdotes qui nous font justement ouvrir nos yeux, savourer les couleurs comme autant de diabolos menthes...pourquoi donc le tapis de poker, de jeu est vert (dernier livre d'ailleurs de cet auteur après " le bleu" et "le noir")... après tout,  l'uniforme des croupiers n'est pas anodin, le sacerdoce des casinos avec leurs couleurs récurrentes non plus.. 

Qu'importe! en tout cas, je vous garantis que ces livres nous délivrent de la grisaille mentale actuelle!


Ps: Bon pour l'orthographe, je fais des efforts, mais c'est pas encore gagné...si j'avais 20 en grammaire au collège, j'équilibrais cela avec un zéro systématiquement en orthographe et avec l'âge cela a empiré tandis que ma grammaire est devenue également médiocre...:)

03 février 2014

ces qualités qui n'en sont plus


Avez-vous remarqué que depuis déjà quelques années, une bonne quinzaine voire plus, nous assistons à un renversement des pôles idéels: c'est-à-dire que ce qui auparavant était une qualité devient parfois une tare.

Ainsi, par exemple, si on regarde nos présidents successifs, représentatifs de notre démocratie et donc du plus grand nombre...nous sommes passés à des présidents style monarqual comme l'était Mitterrand avec un ceremonium  presqu' aristocratique et une volonté d'élever une certaine grandeur de la France même artistiquement, avec ses projets controversés comme les colonnes de Buren ou la grande Bibliothèque, à un président cachant déjà sa grande culture (sur le Japon, il connaîssait couramment le sanscrit) comme Chirac. qui clamait ne lire que des polars...Certes Valery Giscard D'Estaing en mangeant chez l'habitant, avec l'accordéon avait voulu  se présenter proche du peuple mais Chirac, lui, commença le premier à cacher sa culture dite un brin élitiste pour une culture plus populaire comme le foot (on se rappelle tous du fameux 1.2.3)...il fit néanmoins, en fin de règne, afin de lui aussi marquer sa présidence,  le Musée du quai Branly , construit par l'incontournable architecte Jean Nouvel...
Bref, nous passons un petit tour et vint Sarkozy...là les réfèrences, les amis se sont Jean Reno, Bigard, Barbelivien...Euh!  nous sommes loin d'une culture underground ...ni de l'étiquette et savoir-vivre lorsque notre président envoie des textos en entretien avec un chef spirituel de moult personnes, en l'occurence le pape.

Je fus également frappé d'entendre Laurent Fabius se justifier à la TV, expliquant qu'il adorait regarder la Star Ac en mangeant des carottes râpées...c'est cela oui! bien sûr!

Il y a donc, un renversement des valeurs...auparavant les élites cherchaient à tendre et tirer le peuple vers le haut, suivant consciemment ou non la fameuse devise de Marx "il faut éduquer le peuple"...aujourd'hui , ces fameuses élites cherchent à cacher leur culture et accéder à celle de la majorité de notre population.

Le vocabulaire aussi évolue...avoir des manières, du vocabulaire était une recherche permanente et  "notre bon peuple" quelque soit son niveau socio culturel avait auparavant une connaissance sémantique bien plus étendue qu'aujourd'hui....En outre, les lacunes étaient à combler...tiens? je connais pas ce mot? je vais l'apprendre et le maîtriser puisque: plus de mots crée plus de liberté, de nuances, d'espace de pensée.

Ce n'est plus forcément le cas aujourd'hui...dans ma modeste vie de travailleuse, j'ai fait divers métiers ...en intérim, j'ai travaillé par exemple longuement chez GDF; dont je garde un piètre souvenir, voir traumatisant...C'est là, qu'un jour , tandis qu'un de mes collègues se gaussait de mon accent, je lui expliquais qu'effectivement je venais du sud et que certaines diphtongues comme le "an" étaient un brin accentuées chez moi...Explosion de rire générale...DIF TOOOONG!!! c'est du chinois ça ahahaha...une semaine de hurlement et rire chaque fois que j'apparaissais, le matin, à beugler cette farce hilarante sur ce mot involontairement et bêtement prononcé par mon humble personne... parallèlement un autre collègue me voyant écrire avec un stylo plume s'écria...Woow ce crayon! c'est super! t'écris avec ça, trop bo gosse! car le monsieur ne savait pas dire ou plus dire c'est élégant....

Dans mon emploi actuel, les gens sont différents...je travaille dans une boite de certification dans la haute qualité environnementale...mais un fossé générationnel se creuse, et au risque de passer pour une vieille conne, je suis abasourdie par leur méconnaissance de notre culture, qu'elle soit musicale , cinématographique, historique etc. C'est quand même emmerdant quand une de vos amies et collègues découvre avec stupéfaction lord d'une discussion, qu'il y avait des fours crématoires dans les camps de concentration...qu'un de vos collègues , heureux et fier vous annonce avoir découvert un mot étonnant et rare qui est "parcimonie" et confond contrit avec country.

J'ai remarqué également que tout le monde désormais a honte d'être gentil...la gentillesse est une tare, je fus abasourdie d'apprendre que si un homme est trop gentil ou s'il se comporte galamment, c'est un "canard" et là c'est la méga honte! manque de virilité? faut être rustre, agressif et macho...et -ne revenons pas sur ce sujet épineux - que les femmes soient pestes?
Étrange...retour à des bases territoriales, mâles alphas and co?

Et le poker dans tout cela...et bien ce n'est certes pas Filousof qui nous entraîne vers le bas, puisqu'à contrario, monsieur avec bienveillance, dans son coaching  apporte bien des clefs de compréhension et il nous apprend à moduler notre jeu...y a qu'à voir ce qu'il a fait de notre Mama nationale, elle qui mène, sans soucis ni sourciller et avec une belle régularité, la danse du Tournoi UP and GO...


Dernière manche je crois, jeudi! je n'aurai pas brillé à part un peu au omaha/holdem , la dernière fois où je fus sage et ai un peu chatté aussi (avec une paire de 5 particulièrement) , mais malheureusement, alors que j'avais un beau tapis, je l'ai consciemment et scrupuleusement épuisé à coups de truelles, voyant avec désespoir mes heures de sommeil disparaître et résistant à l'appel de Morphée malgré tout par orgueil...mais, quand à 2h20 du matin Mama m'acheva dans un duel sans coup de théâtre,  99 contre paire de valets , c'est avec un certain soulagement que je fonçais au lit même si j'ai regretté d'avoir bousillé ainsi 4h de bon jeu (bon...enfin pour moi)...j'ai fini 5e,  la prochaine fois, j' espère faire mieux.. dans une autre structure si possible... mais avec toujours le même plaisir de jouer avec mes compatriotes blogeurs.

26 janvier 2014

de la salade, de l' épitexte (hein?) et du poker



Voici déjà quelques temps, assise dans une brasserie devant un bon verre de vin, un petit chablis bien frais que je sirotais avec délectation, je contemplais un couple de touristes en train de s'interroger sur la garniture de leur plat. En fait, plus prosaïquement, la question  qui semblait hanter leur mine un brin désemparée était:: « Faut-il ou non manger la feuille de salade accompagnant le croque-monsieur ? » . Elle paraissait  insoluble... (en voilà qui n'avaient pas utilisé les réseaux sociaux pour lire l'excellent groupe  Keskonmange que Mama nous a concocté).

Qu'importe! Je me remémorais cette même inquiétude existentielle qui quelques jours plus tôt m'avait quelque peu déstabilisée lorsque, dans un restaurant indien, un serveur m'avait amené le poulet Tikka que j'avais commandé entouré de fleurs de carottes. Pouvais-je sans risquer un faux-pas goûter à ces dernières ?

Diverses questions me préoccupaient. Sur le plan alimentaire, le consommable ou non consommable reste généralement une décision culturelle... en effet certains mets que nous jugeons impropres à la consommation sont mangés voir prisés dans d'autres cultures.
Cette décision culturelle nous permet ainsi de nous différencier des autres et de nous identifier à notre groupe socioculturel mais, en revanche, la question annexe de la garniture d'un plat complexifie les données car elle pose le problème: est-elle inhérente à ce dernier ou seulement présente de manière anecdotique ?

S'imposait à mes yeux, un parallèle avec la notion littéraire de paratexte chez Gérard Genette : le paratexte, non ne fuyez pas bande de lâches, c'est tout simple, selon ce linguiste que j'adore, cela  regrouperait dans un livre tout le matériel autre que le réel des textes, c'est-à-dire : la couverture, les illustrations, les notes. Le livre est alors examiné non seulement comme un ensemble d'expressions verbales générant du sens mais comme une image, un concept esthétique. Le travail littéraire consiste en un texte mais ce dernier ne paraît que rarement à l'état nu. car ce qui le crée est non seulement le manuscrit ou texte mais tout ce qui gravite autour de lui : ses seuils.



Deux éléments distincts compose ce paratexte : le péritexte qui concerne tout ce qui se situe autour du simple texte et qui structure sa présentation, souvent sous la responsabilité de l'éditeur (la couverture, le format, le titre et l'épitexte qui se définit par son approche au texte afin d'inciter le lecteur à se former une opinion (il s'agit donc d'articles de presse, de revues, d'entrevues).

La comparaison entre l'épitexte et le menu proposé dans les restaurants m'apparut tout aussi évidente que celle du péritexte et de la garniture des plats. N'est-ce pas cette dernière qui structure le mets proposé ?

En fait, elle joue un rôle essentiel au bon succès d'un plat. Si sur le plan gustatif elle ne participe guère, elle devient indispensable au cérémonial gastronomique. Et lorsque Genette explique que le paratexte s'il n'est pas encore un texte est déjà textuel, la garniture, elle, si elle ne fait pas partie du mets est à l'évidence indissociable au plat présenté. Là, manger ou pas devient annexe puisqu'il ne s'agit alors que de choisir quelles limites s'imposer face au contenu de son assiette.

Nous pouvons aussi l'associer au poker, c'est en contemplant une photo de notre camarade Eole avec sa coupe (VGG) de BWIN et les charmantes donzelles que je pensais à tout le cérémonium et au parapoker...

Non, non! restez c'est tout con:  reprenons le texte ou le  poker à l'état brut....son péritexte: nous cherchons la casse (c'est à dire la police)  pour écrire le livre, les cartes, la table de poker et le casino pour jouer nos tournois, la room... nous sommes donc bien dans la garniture jouant un rôle fondamental aux plaisirs visuels précédant nos papilles gustatives, notre lecture ou jeu... enfin, l'épitexte du poker c'est nous: les blogueurs écrivant sur le poker mais aussi tous les livres de ce jeu, les revues, les entrevues ou interviews...

Eh bien! puisque vous êtes devant un seuil du poker, ne restez pas dans l'entrée ou le vestibule...entrez je vous prie vous mettre bien au chaud....vous prendrez bien un verre de Chablis?


23 janvier 2014

Le mal à jouer



"- êtes-vous à ce point seul ?, lui demandai-je.
Kafka fit "oui" de la tête.
- comme Kaspar Hauser ?
Kafka eut un rire et répondit : " bien pire que cela. je suis seul... comme Franz Kafka. " 
in conversations avec kafka de Gustav Janouch


J'avais 15 ans lorsque je lus ces conversations de Janouch avec mon écrivain favori de l'époque et ces mots ne m'ont jamais plus quitté. 

Parfois, on ne sait pas, on ne comprends pas,...ce sentiment épuisant de n' être jamais en ce monde, de vacuité et de vide total ...on reste là , à contempler le temps qui passe dans un prisme émotionnel de plus en plus délavé...on voudrait bien hurler à l'autre mais on ne sait que sourire, tel l' homme qui rit de Victor Hugo on porte sa cicatrice de la bienséance, de la timidité, de ne surtout pas gêner l'autre  avec son marasme et dans un murmure on ne comprend vraiment pas pourquoi personne n'entend ses gémissements

L'autre côté du miroir est pourtant si poli...comme on souhaiterait savoir parler, dire, narrer les choses, mais cet impouvoir à être, ce sentiment de cette chose en suspens qui nous fige telles des cordes de shibbari dans un entrelacs de souvenirs.... ce corps si étouffant, véritable ogre de notre sentiment de n'être jamais né...

bref, rires, autant le dire, et on va arrêter le pathos là  parce que bon...on va  prendre une bonne canette de caca light, respirer un bon coup  et hop repartir comme l'an 40 en oubliant que  au cas où certaines aient occulté le lien directeur de cette petite prose, je n'ai vraiment j'ai pas le moral en ce début d'année, qu'importe et oublions les soucis mais c'est pas la partie de ce soir organisée par  up and go poker qui va me réconcilier avec moi-même, car à défaut de solitude j'ai vu un désert qui irrésistiblement m'engloutissait...pas d'épices pour voyager, je n'étais pas sur Arrakis mais sur Winamax et je n'ai pas réussie l'épreuve des bene Gesserit, je me suis fait bouffer par mon manque de concentration, de moral, minée par des actions caricaturales et ratées comme rarement...bref j'ai fait fort dans le mal jouer  et 2 fois j'ai touché les as et 1 les rois mais  ô suprême ironie, à la big blind et qui ne furent point jouer...c'est ballot! en revanche tous mes bluffs de plus en plus gros m'envoyèrent, telle une fusée ou lancer de busty, joyeusement dans un all in finalement assez salvateur...une euthanasie de la walkyrie, bien fatiguée, qui versa évidemment sur elle-même (tant qu'à faire je vais me gêner) quelques larmes sur cette jolie bouse qu elle offrit à ses comparses.

Je ne râlerais plus jamais lorsqu'on me traitera de fish ^^

Conclusion: faut pas jouer au poker quand on s'est pris la pluie (cf photo), qu'on est crevé et qu'on a le moral dans les chaussettes.... et je pars me coucher! demain est autre jour :)





12 janvier 2014

Le harcèlement moral et le pion au poker



Dans la vie il y a des rencontres stimulantes nous permettant de nous surpasser, excitant nos neurones et nous ressourçant et d'autres plus minantes, dévorantes, finissant parfois même par nous briser notamment si l'individu procède méthodiquement à nous détruire dans le processus pervers du harcèlement moral.

Du fait des lois de toutes communautés ou groupes sociaux, nous avons tous un jour ou l'autre dans la vie était victime d attaques perverses de ce type dans notre vie quotidienne que cela soit dans le registre familial, dans le couple, la sphère amicale ou le monde professionnel.

Souvent, les meilleures victimes de ce type de perversions morales, d'attaques et harcèlement sont ceux déjà hantés d'une certaine culpabilité, se demandant sans cesse le "qu'avons nous fait pour mériter cela" comme s'il s'agissait d'un châtiment divin" . Le meilleur exemple au cinéma reste la famille dans la comédie Tatie Danielle qui essaye d'endiguer la cruauté de la vieille dame par la gentillesse tandis qu'elle doit se répéter comme un sutra la phrase de Desproges : "Un mot qui vient bien, ça peut tuer ou humilier, sans qu'on se salisse les mains. Une des grandes joies de la vie, c'est d'humilier ses semblables"

Cette famille ne peut comprendre que la Tatie soit d'une méchanceté et perversité gratuites donc non seulement ils vont se sentirent coupables envers cette pauvre veille dame mais redoubleront de gentillesse ce qui renforcera les actions de la dite Tatie car c'est évidemment le pire à faire puisque cette gentillesse est reçue pour le harceleur souvent pervers narcissique comme une ultime provocation...du coup la fameuse tatie redoublera de sous-entendus, d'allusions malveillantes,de mensonges et d'humiliations...la victime désignait et celui que René Girard appelait le pion en référence aux échecs, la fameuse victime sacrificielle pour établir l'équilibre de la communauté, le marginal d'une certaine façon dans nos sociétés.

Au poker, bien sûr nous cherchons les pions, non seulement ceux dénommés fishs mais également ceux qui vont entrer en tilt lorsque harcelés, leurs blinds systématiquement volés, bluffés ils entreront en tilt...certains joueurs vont user du chat, de la provoc, des insultes, d'autres du vols de blinds, d'autres montreront leurs mains quand ils bluffent grossièrement etc
De la même manière que pour face à un joueur agro on nous dit de jouer plus agro que lui (sauf quand c'est la walkyrie ou merci de lui laisser ces précieuses sacoches), et de ne pas rester dans un jeu systématique mais s'adapter à celui du joueur , nous avons tendance à essayer un certain mimétisme vis-à-vis du harceleur...ce qui est à mon avis à mon niveau plus que dangereux car ne maîtrisant pas totalement nos cartes, nous avons l impression d'être toujours distanciés alors qu'en plein tilt et en moins de deux la sortie nous appelle.


Jeudi dernier premiere manche sans harcélement, dans une bonne ambiance, avec pas mal de mes amis blogeurs mais j'ai mal joué et fus peu chattarde pour la 1re manche du tournoi de Up and Go organisée chez winamax...2e manche jeudi prochain  et c'est du omaha, mon jeu favori... j'espère bien cette fois-ci, hisser les voiles d'Héla un peu plus loin et harceler quelques joueurs en toute amitié.



10 janvier 2014

le chant des courtisans



Il y a deux choses que je déteste profondément, les courtisans et le minaudage...cela va souvent ensemble mais vision rétrograde ou misandrie peut être j'ai tendance à contempler la gent masculine comme courtisans et misogynie évidente le minaudage comme un fleuron de l'art courtois féminin.

Ce grasseyement exacerbé par les réseaux sociaux et les like  (dont je suis pourtant une fervente adepte) renforce mes grognements et sentiments d'exister dans un monde sans nuancier...devenant de plus en plus terne.

Peut être cette amertume du comportement humain vient aussi du fait que je n'ai jamais su me vendre et lors de mes petits vernissages j'avais tendance plus à me cacher qu'à sortir un superbe book, les rare photos pitrognées de mon travail étant d'ailleurs restées chez moi dans une boite au milieu de moult papiers, perdues...utiliser mes amitiés et rencontres me paraissaient comme un manque total de savoir vivre et je suis restée dans mon coin avant de fermer définitivement le rideau lorsqu'on ne vint plus me chercher.

Dans l'art courtois, j'aime la séduction qui me parait un jeu de stratégie, jeu de go romanesque et exaltant mais prise déjà moins le marivaudage qui me fatigue rapidement pour avoir un rejet brutal du minaudage...que je ressens profondément infantile comme un abrutissement du jeu amoureux ...vieux relent de féminisme , j y vois une concrétisation du trop célèbre adage "sois belle et tais toi" ou alors piaille petit oiseau et je t'écouterai avec la condescendance fantasmée de la mâle attitude...résonne toujours en moi la justesse du propos de Bertrand Blier dans "trop belle pour toi" qui fait dire à Depardieu que les hommes ont besoin de mépriser un peu leur femme...d'où le succès de la peste ou l'écervelée, la blonde, la Jacqueline Maillant de Pouic-Pouic ...bien sur j'entends déjà des gens s'offusquer en criant des "pas moi!" ...certes mais quand même souvent...la peste excite le désir et la minauderie et la caresse pour consoler votre âme d'écorché vif, de grand sensibles introvertis...ah combien il est bon d'être un peu maternée; caressée, chouchoutée même si le trait est un peu caricatural , tant que la caresse est bonne goûtons là et fermons les yeux...

D'ailleurs vint les courtisans, ceux qui réapparaissent ou sont présents le jour où ils ont besoin de vous, envie de vous...soudain à l'approche d'un tel évènement il est bon de réapparaître frais et dispos comme si de rien n'était, avec pour certains une petite phrase d'excuse ...oh j'étais pas bien, très pris en sous-estimant votre maigre acuité mais qui a vu la personne omniprésente partout sauf chez vous...
Dites-moi qu'avez-vous à m'apporter et je vous dirai ce que vous vaudrez...là aussi ce qui m'agace n'est pas leur bluff mais cette faculté extraordinaire à sous estimer votre jugement...et que vous en voyez pas leur bluff d'une colossale finesse...après tout si vous ne dites rien c'est que vous ne voyez rien.  C'est aussi ce petit chef fayottant à mon travail vers le grand directeur dans une complicité viril avant de l'écharper avec ces autres collègues...

Et le poker?

Ben le poker n'est pas exempt de cet arrivisme épuisant même si on y voit aussi de réelles complicités, amitiés; affinités et on pourrait voir le minaudage comme le slow play, j'allume mais pas trop, j y vais mais pas trop, un peu de bluff sur les joues en surenchérissant à moitié pot...Chéri, tu viens ou tu viens pas?

Fais confiance!!! endors toi....mmmmh ....oh oui viens petite grenouille...c'est louche mais est-ce trop gros, est-ce un gros fish ou un gros piège de fish, ah les jeux de l'abîme de l'amoureux éperdu...tout cela pour finir dans un all in orgiaque...enfin... seulement pour un.

Quant aux courtisans y a ceux qui spew en début de tournoi pour ensuite attraper le magot, ceux qui suivent le gros tapis pour éliminer le petit , c'est le cycliste en queue de peloton laissant les premiers s'épuiser face au vent pour ensuite les rattraper et leur faire un petit bras d'honneur non renversé et les dévorer

Ben oui, c'est pas joli joli mais c'est le jeu...prendre la blind au plus faible, le plus tight, le bluffer... l'instinct de survie...au poker je comprends mais dans la vie quotidienne...on m'a récemment dit que j'étais une sociopathe, c'est vrai mais à force de regarder la beauté du jeu j'ai peut être oublié de prendre en compte l'enjeu.




07 janvier 2014

Parfois les ours se cachent pour mourir


Parfois les ours se cachent pour mourir...

il est certes des personnes et des rencontres incontournables ...Il y a les belles rencontres de vie, de création, d'amitié.. mais il y a aussi toutes ces personnes parfois plus lointaines, foisonnantes qui marquèrent votre imaginaire. Monsieur Aimé R. fut l'une d'elle.

Quand nous nous installâmes à Toulouse, j'avais cinq ans et demi et ce changement d'univers me perturba et troubla d'autant que nous étions en pleine année scolaire...assez isolée du fait de mon accent pointu, arrivant d'un lotissement de la banlieue sud parisien (le plessis robinson pour ne pas le nommer) , je découvrais un monde étrange, fantasmatique où le béton laissait place aux grenouilles (j'habitais aux confins de la ville rose et des champs alentours) ,avec un chatoiement de couleurs inconnus et la châleur vernaculaire des boudus, putaing con qui ne me laissèrent pas insensibles non plus.


Je découvrais aussi avec ravissement les ours.

Mon préféré fut le collègue de mon père...monsieur R. Ancien boxeur poids plume, buriné il mesurait 1m90 de muscles secs, en bon ariégeois roulait les r tout en fumant sa cigarette... C était pour moi  l' élégance personnifié cet homme immense, avec sa voix rocailleuse, dès que je venais saluer mon père à son travail, il m'attrapait et me faisait tourbillonner en grondant la pitchounette...j'adorais cela... ce rire, cet argot dans ma famille inconnu...puis très vite à sa naissance ce fut ma soeur cadette qu'il fit ainsi danser dans les airs et appela ainsi,  je l'enviais un peu  même si c'est plus facile de lancer en l'air un enfant de 3 ans que de 12 !!!

J'ai toujours adoré cet homme, son rire cassé par le tabac et  la montagne, son visage sec, acéré, summum longtemps pour moi de la beauté et l'élégance...un Antony Quinn immense qui formait avec mon père blond et de taille moyenne un duo complice et une amitié profonde...le bon,  l'ours et les truands...je les imaginais un peu comme les incorruptibles mais ça c'est surement du fait des costumes 3 pièces dont raffolait mon père


Aimé... j'aimais ce prénom que je n'ai évidemment jamais prononcé,..il reste pour moi monsieur R...c'était assez incongru devant la force et la virilité qui se dégageait du montagnard...Aimé c était charmant pour une montagne aussi pudique que cet homme...Aimé, j'aime ce prénom sentimental comme j'ai toujours adoré celui de mes ancêtres Amans, vieillot, surannée mais si parlant...je crois que - malheureux enfant - si j'avais eu un fils je l'aurais affublé de ce prénom.

Ce qui est dur quand on vieillit, c'est qu'on oublie nos souvenirs du quotidien, de ces petits plaisirs, des gens, des lieux, voire d'une époque et il nous faut apprendre leur disparition pour se remémorer ces anciens temps...je crois désormais que longtemps la voix rauque des ariégeois sera ma madeleine de la tante Léonie.

Au revoir monsieur R.